Démarrer son volontariat timidement, repartir trilingue et décomplexée | Nelly Hucet

Barev toi qui est tombé sur mon témoignage et qui souhaite te renseigner sur ce qu’est être volontaire pour AVC.

Futur volontaire, tu te poses pleins de questions ? C’est normal. Tu es à la fois apeuré et excité par ce saut dans le vide que tu fais ? Ça aussi, c’est normal.

Te dire tout ce que ce volontariat m’a apportée pourra peut-être t’aiguiller un peu sur ce que pourrait être ta vie en Arménie si tu choisis d’y venir ; mais pour savoir ce qu’il t’apportera, à toi, il faudra venir en Arménie pour le découvrir.

 

En finir avec ses complexes liés à la langue

Tout d’abord, qui suis-je ? Nelly Hucet, française, 23 ans. J’ai fêté un an de plus lors de mon volontariat mais je ressors de cette expérience bien plus grandie que ça !

Je vais donc plutôt te répondre en deux temps : qui j’étais avant et qui je suis dorénavant.

Qui j’étais ? Une fille timide, n’ayant jamais vécu en dehors du cadre familial, sans grande expérience professionnelle… et avec un grand besoin de découvertes. Et bien je te souhaite de faire autant de découvertes que j’ai pu en faire ! Sur les différentes cultures mais sur toi-même également.

Je me suis révélée être plus indépendante et autonome que ce que je croyais, plus sûre de moi et prenant plus d’initiatives (que ce soit sur mes « jobsites » (entreprises) ou dans la vie de tous les jours). Curieuse de découvrir les moindres recoins de l’Arménie, j’organisais mes randonnées et road-trip lors des week-ends. En 6 mois, je n’ai pas eu le temps de m’ennuyer : impossible avec toutes les excursions, forums, « havaks » et cours de langue proposés par AVC et Birthright Armenia (l’organisation « sœur » pour les arméniens de la diaspora) !

Peu à peu, j’ai été beaucoup plus à l’aise pour communiquer dans un groupe, que ce soit en français ou en langues étrangères. J’ai rencontré des volontaires du monde entier, bienveillants et m’aidant à progresser en langues. Au début de mon volontariat, je ne parlais quasiment qu’avec les hispanophones de peur d’être jugée sur mon anglais ; ce qui n’a jamais été le cas ! Trois mois plus tard, un ami avec qui je ne parlais qu’espagnol les premiers mois me demandait : « Why do you speak english even with the spanish speakers now ? ». Effectivement, l’une de mes meilleures amies en Arménie est argentine et, 95% du temps, on parlait anglais. La raison ? A force d’y être confrontée, j’ai pris goût à m’exprimer en anglais.

Zguysh ! (attention !) Je m’amuse de cette phrase « Nelly sait parler 4 langues mais aucune d’entre elles parfaitement » (J.A.). Totalement vrai ! J’ai appris aussi à être plus expressive parce que j’ai souvent eu besoin de mes mains pour me faire comprendre. C’est libérateur tu verras ! Depuis mon retour, je continue d’apprendre l’anglais, l’espagnol et l’arménien pour avoir une maîtrise quasi-parfaite : j’en aurais besoin pour accueillir mes amis volontaires en France, aller les voir et continuer de voyager.

 

Un programme de volontariat, 1001 missions !

Maintenant, parlons plutôt du volontariat. Je me suis sentie utile ! J’ai été professeure de français, animatrice et accompagnatrice de vie en centres pour enfants de milieux défavorisés ou enfants orphelins ayant un handicap mental et/ou moteur. J’ai même travaillé dans un zoo ; tout pour dire combien il est possible de vivre 1001 expériences professionnelles. Il y en a pour tous les goûts. Montre ta motivation et propose tes idées aux coordinatrices AVC, elles seront toujours disponibles pour t’accompagner dans ta démarche !

La seule difficulté que j’ai rencontrée aura été de dire au revoir à l’Arménie, à mes amis et collègues, à mes familles d’accueil (auxquelles je dois mon niveau de maîtrise en arménien aujourd’hui), à toutes ces magnifiques rencontres que j’ai faites et à tout ce que j’ai construit là-bas. Mais c’était plutôt un Minch shutov ! (A bientôt !). Partir pour mieux revenir, non ? En attendant, je me contente des souvenirs que j’ai ramenés avec moi.

« Et pourquoi as-tu choisi l’Arménie alors que tu n’es pas arménienne ? » – [haussement d’épaules] Mon organisme en France m’a offert d’aller en Arménie et j’ai accepté ! C’était le moment opportun. Peut-être est-ce le tien aussi…

Alors, dis stop à tes interrogations et n’hésite plus : saisis ta chance et rejoins l’aventure AVC (et Birthright Armenia si tu es d’origine arménienne) !

Ensuite, si tu as besoin, sache que moi comme d’autres anciens volontaires – je pense – restons disponibles pour t’ôter l’angoisse du départ.

 

                                                                                                Nelly HUCET

                                                                                                Volontaire Service Civique (sept. 2018 – avril 2019)

 

Update: ONE YEAR LATER…

Ça y est ! Je suis diplômée d’un Master FLE et je peux dorénavant exercer le métier dont je me suis passionnée en Arménie, à savoir professeure de Français Langue Etrangère. Ce volontariat en Arménie, entre autres, m’aura permis d’entrer directement en 2e année de master.

Au niveau personnel, mon affect pour l’Arménie et la langue-culture arménienne ne m’ont pas quittée ! Je continue à parler hayeren dès que je le peux et j’ai gardé contact avec mes amis volontaires des 4 coins du monde. Peut-on dire que l’aventure AVC n’est pas vraiment achevée pour moi ?

Hayastan im sirtum <3

09/24/2020