Mon expérience à Gyumri

« Est-ce que tu serais intéressée pour commencer ton expérience à Gyumri? C’est une jolie ville dans le nord de l’Arménie, ses habitants sont très hospitaliers et il fait bon de vivre là-bas à cette saison… ».

« Oui, pourquoi pas! »

Quand j’ai décidé de passer 10 mois en Arménie, je ne connaissais que peu de choses à propos de ce pays, tout m’était inconnu et encore plus l’existence de cette petite ville qu’est Gyumri. Je voulais rendre mon expérience authentique, et différente de celle des autres. Je voulais découvrir le plus de choses possibles à propos de ce pays. J’ai donc sauté le pas, non sans appréhension au début.

Je suis arrivée de nuit à Gyumri, très fatiguée mais déjà émerveillée par les paysages qui longeaient la route conduisant de Yerevan à Gyumri. Les premiers « Gyumretsi » (habitants de Gyumri) que j’ai rencontrés sont ceux qui sont devenus ma famille d’accueil pour les 3 mois suivants. Ma mère d’accueil, âgée d’une soixante d’années, est vite devenue ma « grand-mère » d’adoption. Elle prenait soin de moi comme sa propre fille, faisait attention à ce que je ne manque de rien, me faisait du thé avec du gingembre et du citron quand j’avais mal à la gorge, me faisait goûter des spécialités arméniennes et vérifiait mon vocabulaire en arménien à chaque repas… Elle était adorable et malgré la barrière de la langue, nous nous sommes vite attachées l’une à l’autre et on se manquait mutuellement les weekends où je partais en excursion hors de Gyumri!

Ce que j’aimais le plus à Gyumri, c’est la beauté de cette petite ville, me balader dans les petites rues du centre-ville ou à « Central Park ». Mais mon endroit préféré reste « Ani », le quartier construit dans les années qui ont suivis le tremblement de terre et dans lequel tous les volontaires étaient logés. Je ne saurai décrire ce que j’aimais particulièrement dans ce quartier, c’était plus un sentiment, un sentiment d’être chez moi et je m’y sentais bien.

Le point fort de mon expérience dans cette ville a été mon volontariat au sein de l’association Emily Aregak. C’est un centre pour enfants handicapés présentant divers types de difficultés: autisme, paralysie motrice et/ou cérébrale, surdité… La rencontre avec l’handicap n’a pas été chose facile, mais très vite j’ai pu nouer des liens forts avec les enfants du centre et ce malgré la barrière de la langue. Le personnel était aussi très bienveillant envers moi. Je n’oublierai jamais les enfants, bénévoles et travailleurs sociaux d’Emily Aregak tant ces personnes transmettaient de la joie et du courage malgré les difficultés auxquelles ils étaient confrontés tous les jours. J’ai vécu une expérience humaine riche et forte avec ces enfants. Je leur donnais mon attention, je jouais avec eux, je prenais soin d’eux et je les aidais dans les tâches du quotidien, et en échange sans même sans rendre compte ils m’apprenaient beaucoup de choses: la patience, le courage, l’écoute, la bienveillance, la joie et aussi l’amour.

Je me revois trois mois en arrière, inquiète et excitée à la fois de quitter mon pays et d’aller vers l’inconnu. Aujourd’hui, je ne regrette pas ma décision et je suis plus qu’heureuse d’avoir eu la chance de passer 3 mois au sein de cette ville. Et qui sait peut-être que j’y retournerai?

Je voudrai conclure par un poème que j’ai écrit à propos de Gyumri et qui décrit bien le sentiment que j’ai pour cette ville.

« Être libre d’aimer,

D’aimer ce qui est hors des normes, hors des critères de beauté.

Aimer sans savoir pourquoi, ni comment,

Aimer sans raison et à la folie,

Un petit bout de paradis.

Arménie, Gyumri. »

 

Coline Guyot

France, 2019

02/26/2020