Une histoire de fou

Camille Pinson (France) 

Depuis 2005 en France se déroule le festival d’adaptation ‘De la page à l’image’, une compétition de films adaptés de romans en lice pour le prix de la Meilleure Adaptation Littéraire du grand écran. 11 films sont présentés et discutés pendant 10 jours. J’y étais l‘année dernière et j’ai assisté à la projection de ‘Don’t tell me the boy was mad’, un film réalisé par le producteur franco-arménien Robert Guédiguian. 


Ce film fut une belle et bouleversante surprise. Tout le monde fut touché dans la salle et applaudit. Entre passé et fiction talentueusement mêlés, Guediguian nous projette dans les années 1980 au cœur de certains effets du génocide arménien, proposant une représentation moins frontale de l’évènement. La puissance expressive des acteurs et les différentes manières qu’ont les personnages de vivre cette période sont véritablement prenantes. A partir d’un crime de l’un des responsables du génocide par un jeune arménien qui sera finalement déclaré non coupable, le film invite a s’interroger sur une question qui fait toujours sens aujourd’hui : a-t-on le droit de tuer au nom de la vérité? Existe-t-il un terrorisme légitime? Après la projection le scénariste du film Gilles Taurand fut invité à parler et à débattre avec nous. Ce moment d’échange inspirant me donna envie d’aller un jour en Arménie afin d’en apprendre plus sur ce pays. A la recherche d’un volontariat cette année, je suis tombée sur une offre de mission basée en Arménie. Sans besoin de réfléchir plus longtemps, j’ai postulé et j’ai pu rejoindre avec joie Yerevan.

Depuis le temps s’envole ici, la vie coule au rythme des rencontres et des nouveautés. Au hasard d’une session de zip line cet été, j’ai rencontré Harout, un volontaire et randonneur libanais. Nous avons parlé d’Arménie, de nos vies, de nos raisons d’être ici. En évoquant ce film, j’apprends qu’il s’avère être l’un des proches amis de Hrayr Kalemkerian, un personnage du film ! Une situation incroyable, c’était un brin fou de discuter avec lui et de découvrir au milieu de tyroliennes sa relation avec l’un des acteurs. Il m’a proposé chaleureusement d’entrer en contact avec lui et m’a présentée à Hrayr sur Facebook.
Le titre français du film étant ‘Une histoire de fou’, c’est aussi certainement pour moi une drôle d’affaire que j’ai vécue avec l’Arménie.
Svp amis de la diaspora regardez ce film et dites moi ce que vous en pensez!

 

 

 

10/12/2016